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Que faire en cas de BLOCAGE émotionnel ?

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Que faire en cas de BLOCAGE émotionnel ?

Date de publication : 27/12/2022

Un blocage émotionnel peut prendre des formes très différentes : peur qui empêche d'agir, colère qui déborde, tristesse persistante ou sentiment d'être coupé de ses émotions. Il ne suffit pas toujours d'en comprendre l'origine pour retrouver une liberté de réaction. Une émotion peut rester associée à une situation vécue comme dangereuse, même lorsque la personne sait intellectuellement qu'elle n'est plus dans les mêmes circonstances. Cet article explique ce qu'est un blocage émotionnel, comment le reconnaître, pourquoi il se met en place et quelles approches peuvent aider à retrouver une possibilité d'agir.

Pourquoi comprendre un blocage émotionnel ne suffit-il pas toujours ?

Comprendre pourquoi une réaction survient ne suffit pas toujours à modifier les réponses automatiques, l'évitement ou les contraintes qui la maintiennent. Une psychothérapie peut aider à distinguer les déclencheurs actuels, les apprentissages anciens et les situations qui exigent surtout une action concrète, sans supposer qu'un mécanisme inconscient explique tous les blocages.

Quand vous vous dites que votre peur est disproportionnée, vous décrivez un écart entre votre jugement et votre réaction, mais vous ne faites pas disparaître ce que cette réaction cherche à éviter. Il peut être utile de rechercher ce qui, dans la situation, prend valeur de menace : perdre la maîtrise de soi, être jugé, déplaire ou sentir une émotion jusque-là tenue à distance. Il ne s'agit pas d'affirmer que tout blocage provient de l'enfance ou d'une protection inconsciente. Il s'agit d'examiner comment il se déclenche, ce qui le renforce et ce qui permettrait, progressivement, une autre expérience.

« Je n'arrive plus à faire face à ma peur de… » ; « Je suis toujours à bout de nerfs » ; « Je suis souvent triste et mélancolique » ; « Quand je m'ennuie, je me précipite sur l'alcool » ; « Quand je me sens seul(e), je me jette sur la nourriture ». Et si ces phrases traduisaient un blocage émotionnel ? Qu'est-ce qu'un blocage psychologique ? Comment s'apercevoir qu'on a un blocage émotionnel ? Pourquoi se produit-il ? Et surtout, comment retrouver une possibilité d'agir lorsqu'une réaction persiste malgré les efforts pour la contrôler ?

Au cours de notre vie, il nous est arrivé à tous, à un moment ou à un autre, de devoir faire face à un blocage émotionnel. On se retrouve alors envahi par une sensation qui donne l'impression qu'une barrière est là et empêche d'avancer. Ce blocage peut être lié à divers facteurs, tels que des traumatismes passés, des croyances limitantes ou des modèles de comportement appris, et il peut se manifester de différentes manières, dont quelques-unes sont abordées ici.

Vous pourrez compléter la lecture de cet article par l'article consacré aux bagages ou fardeaux émotionnels, ou par l'article « Comment s'en sortir quand on est bloqué dans une situation ? ». Deux autres articles proposent aussi des pistes : « Comment "guérir" de vos problèmes émotionnels ? » et « Comment modifier un comportement que l'on n'aime pas ? ».

Que sont les émotions et à quoi servent-elles ?

Une émotion renseigne sur ce qui compte pour une personne et prépare parfois une réaction, sans dicter à elle seule la conduite à tenir. Son intensité dépend du contexte, de l'état du corps et du sens attribué à ce qui vient de se passer.

Qu'est-ce qu'une émotion ?

Une émotion est une réponse de notre organisme à des situations ou à des événements internes et externes : une « énergie » qui est là pour passer un message et qui invite à l'action. Elle indique aussi si nos besoins sont satisfaits ou non. Le décodage des émotions est un travail souvent proposé en thérapie.

Il n'est pas possible de présenter toutes les émotions ici, mais l'on peut décrire les six émotions principales et le message que chacune porte :

  • La peur dit : « Attention, tu n'es pas prêt. Il y a un danger. Fuis, ou fais le mort si c'est trop dangereux pour combattre ! » Il est nécessaire de mieux se préparer.
  • La colère dit : « Repousse ça ! Ce n'est pas bon pour toi, mais tu peux le gérer. » Il est nécessaire de défendre ses limites.
  • La tristesse dit : « C'est fini, laisse tomber et passe à autre chose… » Une introspection et une acceptation « engagée » sont nécessaires.
  • Le dégoût dit : « Détourne-toi ! C'est toxique pour toi ! » Il est nécessaire de mettre à distance l'élément toxique.
  • La surprise dit : « Ça alors, c'est nouveau. Observe ! » Une prise de recul et une certaine circonspection sont nécessaires.
  • La joie dit : « Continue à faire ça, c'est bon pour toi ! » S'enrichir et partager sont les meilleures actions possibles.

Lorsqu'on s'y intéresse, on peut se rendre compte qu'il n'y a pas d'émotions positives ou négatives, comme on a l'habitude de l'entendre, mais des émotions qui nous invitent à réagir pour notre bien. Il y a surtout des émotions agréables à vivre et d'autres plus désagréables. Tous les êtres humains ressentent des émotions, de manière plus ou moins intense et plus ou moins ajustée, et ces émotions affectent notre apprentissage, notre motivation, notre comportement et notre communication avec les autres.

Sur la base des émotions principales, tout au long de notre expérience humaine, nous élargissons sans cesse notre gamme émotionnelle, avec des émotions complexes telles que la culpabilité, le ressentiment, la honte ou la jalousie. Apprendre à reconnaître, à vivre et à « agir » les émotions, lors des différentes situations que la vie nous réserve, aide à éviter qu'elles ne se bloquent. Cette éducation est fondamentale ; elle fait souvent l'objet de quelques séances en thérapie.

Quelles sont les composantes d'une émotion ?

Une émotion mobilise plusieurs processus qui interagissent : l'attention portée à une situation, son interprétation parfois rapide, des modifications corporelles, une tendance à agir et l'expérience subjective que l'on peut nommer. Leur ordre et leur intensité varient selon la situation et la personne.

Il n'existe pas de séquence universelle imposant une « décharge » de l'émotion par les pleurs, les cris ou les tremblements. La régulation peut aussi passer par la compréhension du contexte, une action adaptée, l'apaisement physiologique ou le soutien d'autrui.

Le corps peut cependant déclencher instinctivement une alerte au vu de quelque chose que la conscience n'a pas encore saisi, en une fraction de seconde. Lors d'une promenade, par exemple, quand vous apercevez une forme qui ressemble à un serpent, votre cerveau l'interprète comme un danger potentiel avant même que vous vous en rendiez compte, et prépare le corps à fuir. C'est seulement après que vous pouvez percevoir la montée d'adrénaline, d'éventuels tremblements, et constater que vous avez fait un saut en arrière. Et à ce moment-là, vous pouvez vous rendre compte que vous avez peur.

Avec de l'entraînement, souvent à la suite de nombreuses expériences, il est possible de tempérer cet instinct afin d'avoir une réaction plus adéquate. C'est tout l'objet de la régulation émotionnelle, et elle s'apprend, par exemple avec un thérapeute.

Quand une émotion pose-t-elle problème ?

Une émotion devient particulièrement difficile lorsque son intensité, sa durée ou les conduites qui l'accompagnent compromettent la santé, les relations ou les possibilités d'agir. Il faut aussi examiner la situation : une peur peut être proportionnée à une menace réelle et une colère signaler une limite franchie.

Une réaction peut rester difficile à apaiser en raison de contraintes actuelles, d'évitements répétés ou d'apprentissages antérieurs. Parler d'émotion « bloquée » est une image clinique, et non la preuve qu'une réaction corporelle devrait obligatoirement être déchargée.

Si l'on ne fait rien du message envoyé par l'émotion, soit parce qu'on ne le reconnaît pas, soit parce qu'on essaie de le nier, elle peut durer et se transformer en un état plus diffus (stress, angoisse, anxiété) dont l'origine devient difficile à identifier.


Après une perte, par exemple, la tristesse peut fluctuer, s'exprimer ou rester discrète ; ne pas pleurer ne provoque pas nécessairement une dépression. Si une personne subit une agression sans pouvoir se défendre, elle peut ressentir de l'impuissance ou de la sidération : ces réactions ne signifient pas qu'elle aurait dû agir autrement. Les conséquences éventuelles dépendent notamment de la gravité de l'événement, de la sécurité retrouvée, du soutien disponible et de l'évolution des symptômes. En présence d'une souffrance persistante, une évaluation adaptée permet de distinguer les difficultés de deuil, les réactions de stress et les troubles nécessitant des soins.

Une clé essentielle pour éviter ces états de blocage et leur faire face est d'abord d'accepter les émotions désagréables. Cette acceptation s'apprend et aide la personne à être plus à l'aise avec ce qu'elle ressent.

Qu'est-ce qu'un blocage psychologique ?

Un blocage psychologique est avant tout une expérience vécue : la sensation d'une lutte intérieure, d'une résistance dans votre vie, de quelque chose qui n'est pas fluide. Il peut concerner une pensée bloquée, un comportement répétitif ou, bien sûr, une émotion « figée ». Pour les comportements répétitifs, par exemple, il se traduit par la procrastination ou l'auto-sabotage.

Quels sont les types de blocage psychologique ?

On distingue habituellement trois formes, qui se combinent souvent :

  • Le blocage mental peut s'accompagner de pensées tenues pour certaines, de règles personnelles rigides ou de difficultés à envisager d'autres options. Il peut aussi résulter de fatigue, d'un manque d'informations ou de contraintes objectives ; une émotion n'y est pas nécessairement associée.
  • Le blocage comportemental concerne quelque chose que la personne n'arrive pas à faire, qui ne se traduit pas en action concrète (par exemple dans la procrastination ou l'auto-sabotage), ou au contraire quelque chose qu'elle n'arrive pas à s'arrêter de faire (par exemple dans un TOC ou une addiction).
  • Le blocage émotionnel concerne la manière de ressentir, d'exprimer ou d'utiliser ses émotions, et il est détaillé ci-dessous.

À l'origine de ces difficultés, on retrouve souvent des sentiments de peur et d'insécurité, accompagnés d'une estime de soi fragile ; c'est pourquoi un blocage mental ou comportemental peut aussi être compris comme un blocage émotionnel. En fait, vous pouvez vous rendre compte que la plupart des blocages ont une dimension émotionnelle, comme si un nœud s'était formé. Si cela n'est pas clair pour vous, un thérapeute pourra vous aider à l'identifier, afin d'aller plus loin.

Qu'est-ce qu'un blocage émotionnel ?

L'expression blocage émotionnel décrit une difficulté à ressentir, exprimer, comprendre ou utiliser ses émotions, ou à agir malgré elles. Ce n'est pas un diagnostic médical ni un mécanisme cérébral unique.

Une inhibition peut parfois servir à se protéger d'une situation éprouvante ; ailleurs, la difficulté résulte surtout de l'anxiété, de l'épuisement, d'un contexte relationnel contraignant ou d'habitudes d'évitement. La première question est donc de comprendre ce qui se passe concrètement et ce qui entretient la difficulté, sans supposer d'emblée une défense inconsciente ou un traumatisme ancien.

Certaines personnes mènent leur vie normalement mais perçoivent, à un moment donné, que quelque chose ne va pas. Ne pas pouvoir penser clairement, ne pas savoir quoi dire ou être confus(e) peuvent être des indicateurs de blocage émotionnel ; les symptômes sont détaillés plus loin. Au travail, d'autres mènent à bien leurs tâches sans difficulté, mais lorsqu'il s'agit de se mettre en relation ou d'établir une relation affective, le blocage surgit.

« Une émotion ne cause pas de douleur. La résistance ou la suppression d'une émotion cause de la douleur », écrit F. Dodson. Le blocage émotionnel peut être décrit, de manière imagée, comme un endroit en nous où « ça ne circule pas » : il n'y a aucun mouvement, c'est rigide, et cela peut se traduire dans le corps par des symptômes somatiques. Pourtant, l'émotion tend à s'exprimer. Il y a à cet « endroit » à la fois l'énergie de l'émotion qui veut sortir et l'énergie employée pour la contenir. Ainsi, rien ne bouge, mais l'énergie dépensée est double, ce qui contribue au mal-être.

Quand le blocage émotionnel est réactivé, un manque d'assurance et de confiance en soi peut apparaître et empêcher d'aller jusqu'au bout de ce que l'on souhaite. Si le blocage s'installe dans vos relations, le manque de confiance en soi peut vous conduire à ne pas vous montrer tel que vous êtes vraiment. Vous tenterez de porter un masque pour gagner en assurance, un masque qui, plutôt que de vous protéger, ne fera que cacher le véritable fond du problème.

Le blocage émotionnel n'affecte pas toujours tous les domaines de la vie : on peut souffrir d'un blocage par rapport à son travail, mais pas forcément dans le domaine personnel ou amoureux. Il peut donc affecter les compétences cognitives, les émotions et le comportement dans un domaine spécifique, comme le travail, l'amitié, la famille ou l'amour, et pas dans un autre.

À quoi ressemble un blocage psychologique dans une situation concrète ?

Dans les relations, la peur des conflits peut limiter l'affirmation de soi. Certaines personnes ont appris que le désaccord exposait au rejet ou à une colère difficile à supporter ; d'autres évitent les tensions parce qu'elles ont déjà subi des menaces réelles, ou parce qu'un conflit actuel comporte effectivement des risques. Le soulagement immédiat procuré par l'évitement peut renforcer la peur de s'exprimer. Le travail consiste alors à distinguer la sécurité réelle, les anticipations et les possibilités d'action : apprendre à tolérer un désaccord ne signifie jamais s'exposer à des violences.

Quand un blocage émotionnel peut-il se mettre en place ?

Un blocage émotionnel peut apparaître à la suite d'une expérience pénible, mais aussi accompagner une difficulté qui existe déjà : une situation de stress, un conflit prolongé ou une anticipation de l'échec. Il faut donc chercher ce qui précède la réaction et ce qui la maintient, plutôt que supposer une cause identique dans chaque cas.

Nous oublions souvent que la compréhension de ce que nous vivons passe aussi par une meilleure régulation de notre univers émotionnel. Ainsi, lorsque nous subissons une déception, commettons une erreur, devons renoncer à quelque chose, sommes tristes ou perdons une opportunité, il est courant de laisser s'installer un blocage pour ne pas avoir à « éprouver » la douleur de l'émotion associée à ce type d'événement.

Pourquoi met-on certaines émotions à distance ?

La mise à distance d'une émotion peut protéger momentanément d'une douleur, mais elle peut être volontaire, automatique ou difficile à décrire. Les notions de refoulement, de suppression et de dissociation renvoient à des modèles ou phénomènes différents ; elles ne peuvent être déduites de la seule présence d'un blocage. Une émotion n'a pas non plus toujours besoin d'être supprimée pour que la personne retrouve une possibilité d'action : selon son intensité et le contexte, l'enjeu peut être de la reconnaître, de la réguler ou de ne pas lui laisser dicter toute la conduite.

Nous vivons par ailleurs dans une société qui sacrifie souvent les émotions, qui les considère comme inconvenantes ou inutiles : elles « gênent ». Dans un groupe d'amis ou en famille, par exemple, si vous exprimez de la tristesse et que l'entourage ne la trouve pas « logique » à ce moment-là, vous le verrez gêné, déstabilisé, ou vous entendrez peut-être que vous avez un « sérieux » problème et que vous devriez apprendre à « gérer » votre tristesse.

La régulation émotionnelle ne se réduit pourtant ni à réprimer ce que l'on ressent ni à laisser toute émotion décider de nos actes. Selon la situation, elle peut consister à reconnaître une peur, à diminuer une activation physiologique, à modifier une interprétation ou à poser une limite. Une stratégie de contrôle rigide peut entretenir certaines difficultés, mais des compétences de régulation sont également utiles et étudiées dans plusieurs approches thérapeutiques. Des expériences familiales peuvent contribuer aux habitudes émotionnelles ; elles ne doivent pas être supposées à partir du seul symptôme. Pour distinguer les hypothèses familiales des faits connus, voir l'article sur les histoires et les silences familiaux.

Le traitement de nos expériences et des émotions associées contribue largement au bien-être et à la santé. Lorsque ce traitement ne se fait pas, l'émotion peut rester « piégée » : il s'agit d'un mécanisme de défense très commun, qui peut participer à des troubles anxieux et à d'autres difficultés psychologiques qu'il faut savoir reconnaître. L'acceptation est souvent le début de la libération. La thérapie peut vous aider à mieux connaître vos émotions, à les vivre et à les accepter dans l'instant, plutôt que de les revivre indéfiniment à travers un blocage émotionnel.

Quels sont les symptômes d'un blocage émotionnel ?

Le manque de flexibilité est l'un des signes les plus évidents d'un blocage qui retarde l'accomplissement de nos objectifs. Il s'accompagne souvent d'évitements, de signes corporels et d'un envahissement par les émotions désagréables, sans qu'aucun de ces signes ne suffise à lui seul à établir qu'il s'agit d'un blocage.

Les manifestations les plus courantes peuvent être regroupées ainsi :

  • Le rétrécissement de la vie : la personne commence à éviter des activités, des rencontres ou des décisions par crainte de mal faire ou de ne pas trouver ses mots. La peur d'être rejeté, la tendance à remettre les choses au lendemain ou à minimiser systématiquement sa propre difficulté restreignent peu à peu les possibilités d'action. Ce fonctionnement s'accompagne parfois d'une impression de vide, d'une baisse de motivation ou d'un stress presque permanent.
  • Les signes corporels et quotidiens : fatigue physique et mentale, changements de sommeil ou d'alimentation, certaines difficultés sexuelles, tensions musculaires ou maux de tête peuvent coexister avec la souffrance émotionnelle.
  • L'envahissement émotionnel : les émotions désagréables occupent davantage les pensées, tout est ressenti plus intensément, surtout ce qui est pessimiste, et l'on ne sait plus dans quelle direction aller. Des sentiments comme l'envie, la jalousie ou la critique peuvent alors prendre une place croissante dans la vie.

Ces signes ne sont toutefois pas propres à un blocage psychologique : une maladie, un épuisement, un épisode dépressif ou d'autres difficultés doivent aussi être envisagés lorsque les symptômes le justifient, et un avis médical est alors nécessaire.

Le blocage émotionnel peut-il être bénéfique ?

Il peut l'être temporairement, lorsqu'il protège dans un contexte difficile, à condition de ne pas en rester là. Le problème apparaît lorsque cette protection se maintient dans des situations où elle n'est plus nécessaire.

Certaines formes de retrait, d'inhibition ou de mise à distance émotionnelle peuvent avoir eu une fonction protectrice dans un contexte difficile. Cette fonction n'est ni systématique ni suffisante pour expliquer toutes les difficultés actuelles.


Une personne peut, par exemple, limiter ce qu'elle exprime pour éviter des représailles, préserver un lien ou continuer à agir dans une période de crise. Cette stratégie peut ensuite devenir coûteuse si elle s'applique à des situations où elle n'est plus nécessaire. D'autres difficultés relèvent davantage d'un trouble anxieux, d'un état dépressif, d'un épuisement ou d'un environnement encore menaçant. L'examen de ces possibilités permet de ne pas transformer une hypothèse protectrice en explication universelle.

Bien souvent, ensuite, le blocage entrave l'adaptation qu'il était censé permettre. L'éducation reçue a parfois valorisé « le côté fort de ceux qui ne montrent pas leurs émotions », et la société actuelle valorise volontiers le positivisme, le bonheur affiché et ceux pour qui tout va toujours bien : il devient alors plus difficile de laisser une place à ce que l'on ressent.

Peut-on prévenir certaines difficultés de régulation émotionnelle ?

En partie : développer la capacité à identifier ses émotions, à reconnaître les situations qui les déclenchent et à disposer de plusieurs réponses possibles peut réduire certaines difficultés. Cela ne permet pas d'éviter tous les blocages : les événements de vie, la santé et les contraintes relationnelles comptent également.

Un travail psychothérapeutique peut être utile lorsque des réactions persistantes limitent la vie quotidienne, notamment pour examiner les interprétations, les évitements, les apprentissages émotionnels et les possibilités d'action. Il n'est cependant ni nécessaire à toute difficulté passagère ni garant d'une prévention durable de tous les symptômes. Selon la situation, le repos, une amélioration des conditions de vie, un soutien relationnel, des interventions ciblées ou une évaluation médicale peuvent aussi jouer un rôle décisif.

Quelles sont les étapes de la régulation émotionnelle ?

La régulation émotionnelle désigne la capacité à reconnaître, accueillir et moduler une émotion afin de pouvoir y répondre de façon adaptée. Elle comporte trois grandes étapes :

  • Identifier et comprendre précisément l'émotion ressentie : il existe une large palette de mots pour dire ce que l'on ressent. La précision permet de clarifier le ressenti et de mieux en identifier les causes ; vous serez alors davantage en mesure d'agir pour apporter des changements et trouver des solutions.
  • Accepter l'émotion en la laissant se déployer : accueillir une émotion ne signifie pas approuver tout ce qu'elle incite à faire. Il s'agit plutôt de lui laisser une place suffisante pour en reconnaître la nature, sans ajouter automatiquement de la honte ou de la culpabilité et sans réagir immédiatement sous son influence. Apprendre à l'accueillir avec compassion aide : la compassion est un espace intérieur sécurisant où vous vous autorisez à prendre des risques et à vous aimer, quoi qu'il survienne.
  • Se mettre en action à partir de l'information donnée par l'émotion : écoutée et comprise, une émotion invite à trouver et à mettre en œuvre des stratégies appropriées pour répondre à des besoins non satisfaits.

Comment éviter que des blocages émotionnels ne s'installent durablement ?

En écoutant ses émotions, son instinct et son intuition, et en acceptant de sortir de sa zone de confort, c'est-à-dire de prendre certains risques même lorsqu'on a peur. Nous vivons dans une réalité marquée par les changements et l'incertitude ; il n'y a donc rien d'étrange à ce que l'anxiété et le stress reflètent le défi psychologique vécu par une bonne partie de la population.

Il est très facile de se retrouver en proie à une sensation de chaos, à l'impression d'être à la merci des événements extérieurs et de voir tout échapper à notre contrôle. Néanmoins, même face à un océan déchaîné, les choses peuvent mieux se passer si nous parvenons à utiliser nos émotions comme guides. La « gestion émotionnelle », ou plutôt l'apprentissage de la régulation émotionnelle, est en ce sens un canot de secours qui permet de mieux faire face à un grand nombre de difficultés. C'est une question d'éducation émotionnelle et psychologique : comprendre comment fonctionnent nos grandes capacités nous aide à naviguer dans les aléas de la vie, et c'est l'objet même d'une partie du travail en psychothérapie.

Comment travailler un blocage émotionnel avec un professionnel ?

Certaines difficultés diminuent avec des changements concrets, un soutien adapté et l'apprentissage de compétences de régulation. Lorsqu'elles persistent, s'aggravent ou perturbent fortement la vie quotidienne, une évaluation clinique peut préciser leur nature et les soins pertinents. Le travail sur les réactions persistantes peut associer des outils cognitifs, comportementaux, émotionnels ou relationnels ; aucune approche n'est systématiquement plus rapide pour toutes les personnes.

Selon la nature du blocage, plusieurs approches peuvent être envisagées : thérapies cognitives et comportementales, EMDR lorsqu'un vécu traumatique le justifie, Focusing, hypnose, art-thérapie, thérapie centrée sur les émotions, EAET ou thérapie des schémas. Leurs indications, leur durée et le niveau de preuve varient ; aucune ne convient systématiquement à tous les blocages. La communication non violente (CNV) peut soutenir l'expression des besoins dans certaines relations, sans constituer à elle seule un traitement de tous les blocages émotionnels.

L'hypnose, l'EMDR ou d'autres techniques ne sont pas des remèdes miracles et ne peuvent pas résoudre instantanément tous les problèmes émotionnels. Il est préférable d'en discuter avec un thérapeute qualifié pour déterminer l'approche la plus adaptée à votre situation.


Les approches présentées ci-dessous illustrent différentes façons de travailler les blocages émotionnels. Leur choix dépend de la difficulté rencontrée, des préférences de la personne, des éventuels risques et de l'évaluation clinique. Un blocage émotionnel peut restreindre certaines possibilités sans définir toute la personne ni empêcher nécessairement son épanouissement. Lorsqu'un schéma répétitif fait souffrir, comprendre sa fonction actuelle et les conditions qui le maintiennent peut ouvrir des possibilités de changement, sans exiger de renier son passé. C'est un travail, mais il peut en valoir la peine.

Comment la thérapie de la cohérence aborde-t-elle les blocages émotionnels ?

La thérapie de la cohérence propose d'explorer les apprentissages émotionnels qui donnent encore un sens à certaines réactions douloureuses, même lorsque la personne les comprend intellectuellement, puis de les confronter à des expériences nouvelles. Elle peut être intéressante lorsque des réactions émotionnelles persistent malgré une compréhension de leur origine ou un travail d'acceptation.

« Je ne suis pas responsable de tout ce qui m'arrive, mais je suis responsable de ce que j'en fais », dit B. Cyrulnik. En sortant de vos comportements ou schémas répétitifs, vous pouvez reprendre du pouvoir sur vous-même. Les apprentissages du passé peuvent continuer à peser sur les réactions présentes sans les déterminer définitivement.

Le travail se déroule généralement en trois temps :

  • La découverte : l'exploration précise des attentes, des émotions et des significations associées au blocage. L'origine ancienne n'est pas présumée : la situation présente et les contraintes qui persistent doivent également être examinées.
  • L'intégration : vous êtes « entraîné » à faire le lien entre vos situations ou symptômes actuels et ces constructions très spécifiques qui agissent souvent de manière non consciente.
  • La transformation : le travail fait émerger des expériences émotionnelles profondément ressenties qui vont à l'encontre de vos constructions habituelles et de leurs prédictions.

Ce travail peut contribuer à des changements profonds, sans garantir une disparition définitive des difficultés.


La reconsolidation de la mémoire constitue un cadre théorique étudié en recherche pour penser certains changements ; elle ne peut cependant pas être tenue pour démontrée dans chaque changement obtenu en psychothérapie. On ne peut pas affirmer, pour chaque patient, que des circuits cérébraux précis ont été désactivés, ni que cette approche est nécessairement plus rapide que les thérapies cognitives et comportementales. Les bénéfices varient selon les personnes et les difficultés rencontrées ; elle ne remplace pas une évaluation clinique ni les autres approches adaptées, notamment lorsque les symptômes sont sévères ou complexes.

L'EMDR est-elle indiquée pour tous les blocages émotionnels ?

Non. L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) est une psychothérapie structurée notamment recommandée, dans certaines conditions, pour le trouble de stress post-traumatique. Elle associe le travail sur des souvenirs difficiles à des stimulations bilatérales et à d'autres composantes thérapeutiques.

Son efficacité dans cette indication ne signifie pas que tous les troubles anxieux, dépressifs ou relationnels seraient des « blocages d'émotions », ni que l'EMDR conviendrait à chacun. Une évaluation permet de comparer les options selon les symptômes, les préférences, les risques et les données scientifiques disponibles.

Comment l'hypnose peut-elle aider dans le travail des émotions ?

L'hypnose peut aider certaines personnes à explorer autrement une émotion, une image ou un souvenir difficile, mais son efficacité varie d'une personne à l'autre. Certaines personnes y répondent très bien et trouvent qu'elle les aide à vivre leurs émotions de manière plus apaisée, tandis que d'autres y répondent moins.

Le choix de cette approche dépend de la demande, de la sécurité et de la situation clinique ; il n'existe pas de réaction corporelle unique que la personne aurait nécessairement dû accomplir. Le recours à des images ou à des scénarios métaphoriques peut aider certaines personnes à modifier leur rapport à une expérience douloureuse. Il n'est toutefois ni nécessaire ni toujours indiqué de revivre intensément un événement pour aller mieux ; l'évolution reste variable et doit être appréciée au regard des effets réels sur la vie quotidienne.

L'art-thérapie aide-t-elle à libérer des émotions bloquées ?

L'art-thérapie peut aider à vivre ses émotions et à dépasser certains blocages émotionnels, en particulier lorsque les mots manquent. L'art-thérapie consiste à utiliser l'expression artistique et créative comme moyen d'explorer ses pensées, ses émotions et ses sentiments, y compris de manière corporelle.

Elle est particulièrement utile pour les personnes qui ont du mal à verbaliser leurs émotions ou à exprimer leurs sentiments par la parole. Elle s'adapte à un large éventail de personnes et de difficultés, y compris en présence de difficultés cognitives et attentionnelles, ce qui ne dispense pas d'une évaluation de ce qui convient à chacun.

L'hypnose, l'EMDR, le Focusing ou l'art-thérapie sont souvent utilisés en combinaison avec d'autres formes de thérapies, comme la thérapie cognitive et comportementale (TCC) ou la thérapie d'acceptation et d'engagement (ACT), pour aider les personnes à réguler leurs émotions plus efficacement.

Comment les TCC, l'ACT, la TCE et la thérapie des schémas abordent-elles les émotions ?

Ces approches partagent l'idée qu'une émotion s'inscrit dans une chaîne de perceptions, de pensées et de comportements, mais elles n'agissent pas sur le même maillon : les TCC classiques travaillent surtout les interprétations, l'ACT le rapport à l'expérience, la TCE l'expérience émotionnelle elle-même et la thérapie des schémas les croyances profondes qui se répètent.

Comment les TCC, dont l'ACT, aident-elles à libérer ses émotions ?

Dans une thérapie comportementale et cognitive (TCC) classique, les émotions et les pensées sont au cœur du travail. La réaction à un élément externe, ou interne comme une pensée, provoque une série d'événements en chaîne, en réponse à ce qui a été perçu ou à ce que nous avons cru percevoir. Une fois la situation évaluée, nous allons agir, réagir ou laisser notre système s'apaiser et retrouver un équilibre. La façon dont chacun évalue la situation enclenche donc une émotion et un comportement. Ces perceptions sont, pour la plupart, le résultat d'expériences individuelles : nous avons chacun nos propres filtres, orientés par notre culture, notre éducation et nos expériences de vie.

La première étape du processus thérapeutique consiste à prendre conscience du blocage émotionnel et à rechercher la ou les causes qui peuvent en être à l'origine, ainsi que les événements qui ont pu le maintenir dans le temps. Le thérapeute travaille ensuite sur toute la chaîne : il évalue les distorsions cognitives qui pourraient contribuer à maintenir la difficulté, même si cela peut être douloureux. L'ajustement de ces distorsions permet de créer des chaînes pensées-émotions-comportements plus efficaces et moins douloureuses.

L'ACT (thérapie d'acceptation et d'engagement), qui appartient à la famille des TCC, est une approche psychothérapeutique qui vise à aider les personnes à mieux faire face aux émotions difficiles et à s'engager dans des actions en accord avec leurs valeurs et leurs objectifs de vie. Elle se concentre sur l'acceptation de l'expérience présente telle qu'elle est, plutôt que sur la lutte contre cette expérience ou son évitement, ce qui la rend particulièrement attentive au rapport que l'on entretient avec ses émotions.

Nous avons souvent tendance à éviter, presque obstinément, ce qui nous trouble, nous fait du mal ou nous préoccupe. Nous sommes très habiles pour éviter les émotions qui gênent, sans savoir que cela peut les intensifier : plus on repousse les émotions désagréables, moins on peut les comprendre et plus elles risquent de revenir. Une piste consiste souvent, plutôt qu'à éviter, à apprendre à accueillir ce qui est ressenti ; accueillir une émotion ne signifie pas accepter une situation dangereuse ou injuste.

La vie est pleine de défis, de virages et de complications auxquels personne ne s'attend. Personne n'a de contrôle sur une bonne partie de ces événements, mais nous gardons un pouvoir : nous adapter. Les émotions ne se contrôlent pas, ce sont des messagères ; en revanche, grâce à l'information qu'elles apportent, vous pouvez ajuster vos comportements à ce qui vous arrive. L'adaptation n'est pas synonyme de reddition ou de résignation : il s'agit de répondre de façon adéquate pour continuer à avancer avec équilibre et discernement. L'ACT peut ainsi aider à limiter les blocages émotionnels en développant une meilleure adaptation et en renforçant la capacité à faire face aux difficultés.

Comment la thérapie centrée sur les émotions aide-t-elle à sortir d'un blocage émotionnel ?

La thérapie centrée sur les émotions (TCE) est une thérapie étayée empiriquement qui aide les personnes à identifier, vivre, exprimer, accepter, réguler, comprendre et transformer une large gamme d'émotions. Elle peut être pratiquée en thérapie individuelle, de couple ou familiale.

La TCE s'intéresse à la manière dont les émotions sont vécues, comprises, exprimées et transformées dans les relations. Le cadre thérapeutique peut permettre d'explorer, avec suffisamment de sécurité, une peur de déplaire, une honte ou une colère qui complique la communication. L'expérience émotionnelle vécue pendant les échanges peut compléter la compréhension intellectuelle, mais la qualité de la relation thérapeutique et les résultats varient selon les personnes et les situations. Lorsqu'un partenaire se montre réellement intimidant ou violent, la priorité reste la sécurité et non l'amélioration de l'expression émotionnelle de la personne exposée.

Les émotions représentent une adaptation et sont saines ; elles peuvent toutefois surgir en lien avec les circonstances de vie actuelles comme avec des expériences passées. Dans la thérapie, vous pouvez apprendre à distinguer ce que vous ressentez et pourquoi, ce qui peut guider la manière dont vous souhaitez répondre. Si vous remarquez, par exemple, qu'une forte réaction est due aux vestiges du passé, cette prise de conscience peut vous aider à répondre plus calmement. La TCE peut aussi aider à comprendre la sagesse des émotions, car elles disent ce à quoi nous attachons de l'importance.

Au lieu d'exprimer violemment vos émotions ou d'essayer de repousser des émotions pénibles, vous pouvez apprendre, grâce à la TCE, à vivre vos émotions, à décoder ce qu'elles disent et à décider consciemment de la manière de répondre lorsque des émotions désagréables surgissent.

En quoi la thérapie des schémas peut-elle libérer des émotions bloquées ?

La thérapie cognitive centrée sur les schémas, ou thérapie des schémas, aide les personnes à identifier leurs schémas inadaptés et à les remplacer par des manières de faire plus saines. Les schémas sont des manières autodestructrices de penser, de ressentir et de se comporter ; on considère qu'ils se développent dès l'enfance, à partir de besoins non satisfaits, et qu'ils deviennent les prismes à travers lesquels la personne voit le monde.

Lorsqu'un schéma est activé, vous avez l'impression que quelqu'un « vous pousse à bout ». Les schémas sont des croyances profondément enracinées qui conduisent à réagir de manière excessive ou à surcompenser pour ne pas se sentir blessé. Les façons dont nous tentons d'éviter les réactions « schématiques » peuvent elles-mêmes devenir problématiques, notamment dans nos relations, car elles renforcent souvent, sans le vouloir, ces schémas.

Dans une relation, par exemple, si une personne pense que les autres la rejettent, elle ne va pas s'ouvrir à eux ; puis, parce qu'elle ne s'ouvre pas, les autres s'éloignent, ce qui renforce sa croyance d'être rejetée. Dans ce processus, les croyances inadaptées deviennent des prophéties autoréalisatrices qui résistent au changement.

Le travail en thérapie des schémas suit en général trois étapes :

  • L'évaluation : identifier les schémas inadaptés sous-jacents.
  • La prise de conscience émotionnelle et expérientielle : repérer les schémas activés dans la vie quotidienne.
  • Le changement de comportement : remplacer progressivement les schémas et comportements inadaptés par des réponses plus ajustées.

Lorsque des réactions se répètent, le travail peut préciser leurs déclencheurs, leurs effets et les anticipations qui les maintiennent. Une hypothèse de schéma doit être vérifiée avec la personne ; son identification ne garantit pas la disparition du blocage.

Comment une thérapie centrée sur la régulation émotionnelle peut-elle aider ?

Elle aide la personne à apprendre non pas à « gérer » ses émotions, mais à les réguler : il s'agit d'une thérapie d'apprentissage de la régulation émotionnelle. L'accent est mis sur la rééducation émotionnelle et sur le réapprentissage des émotions, agréables comme désagréables. L'autorégulation émotionnelle, l'expression des émotions et la façon d'évaluer les situations peuvent être examinées dans un travail individualisé, selon leur rôle dans la difficulté.

En complément de cet apprentissage, le fait de ressentir davantage d'émotions agréables peut faciliter l'accès à d'autres émotions et aider à mieux faire face aux événements. Il peut s'agir, par exemple, de planifier dans sa routine des activités qui procurent des émotions positives.

Que retenir face à un blocage émotionnel ?

Un blocage émotionnel demande d'abord à être situé : une réaction protectrice devenue coûteuse, une difficulté de régulation, une contrainte actuelle ou un problème de santé ne nécessitent pas les mêmes réponses. Le terme « blocage » décrit une expérience, pas un diagnostic : il faut notamment distinguer l'évitement anxieux, un épisode dépressif, une dissociation, un épuisement et les conséquences d'une relation dangereuse.

Un blocage émotionnel ne se réduit pas à un manque de volonté. Selon les situations, des exercices de régulation, l'identification des déclencheurs, une exposition progressive ou le travail sur les pensées peuvent aider à retrouver des marges d'action. Lorsque la réaction persiste malgré une bonne compréhension, la psychothérapie peut examiner ce que cette réaction protège, ce qu'elle permet d'éviter et comment expérimenter d'autres réponses sans brusquer la personne. Il ne s'agit ni de chercher systématiquement un traumatisme ni de promettre une disparition définitive du blocage.

Quand la difficulté se maintient malgré une compréhension précise, l'analyse de ce qui fait résister certains blocages approfondit la différence entre savoir et pouvoir réagir autrement. Selon le cas, des ajustements pratiques, un avis médical ou un travail psychothérapeutique individualisé peuvent être utiles.

Questions fréquentes sur le blocage émotionnel

Comment savoir si j'ai un blocage émotionnel ?

Un blocage émotionnel se reconnaît surtout à un manque de flexibilité : certaines situations déclenchent toujours la même réaction, des évitements s'installent et la vie se restreint, alors même que vous comprenez que la réaction est excessive. Il peut s'accompagner de fatigue, de tensions corporelles ou d'un envahissement par des émotions désagréables. Aucun de ces signes n'est propre au blocage émotionnel : si la fatigue ou la tristesse durent, il est prudent de vérifier avec un médecin qu'il ne s'agit pas d'un épuisement, d'une dépression ou d'un problème de santé.

Un blocage émotionnel vient-il forcément de l'enfance ou d'un traumatisme ?

Non. Des expériences passées peuvent jouer un rôle, mais une période de surcharge, une relation tendue, l'anxiété, la fatigue ou un danger toujours présent suffisent parfois à expliquer la difficulté. Rien ne permet de conclure à une cause lointaine simplement parce qu'un blocage existe. Le travail consiste d'abord à comprendre ce qui déclenche la réaction aujourd'hui et ce qui l'entretient.

Faut-il « faire sortir » une émotion bloquée pour aller mieux ?

Pas nécessairement. L'idée qu'il faudrait « vider » une émotion en pleurant, en criant ou en revivant une scène ne correspond pas à une règle générale. Nommer ce que l'on ressent, comprendre ce qui l'a déclenché, agir sur la situation, apaiser le corps ou se sentir soutenu peuvent tout autant aider une émotion à retrouver sa juste place.

Quelle thérapie choisir pour un blocage émotionnel ?

Le choix dépend de la nature du blocage, de la situation et des préférences de la personne. Les TCC et l'ACT travaillent l'évitement et le rapport aux émotions, la thérapie de la cohérence explore les apprentissages émotionnels qui maintiennent une réaction, l'EMDR est surtout indiquée pour le trouble de stress post-traumatique, et l'art-thérapie peut aider lorsque les mots manquent. Aucune approche ne convient systématiquement à tous, et une évaluation clinique aide à orienter le choix.

Peut-on se débarrasser définitivement d'un blocage émotionnel ?

Certaines personnes constatent des changements profonds et durables, mais aucune méthode ne peut garantir la disparition définitive d'un blocage. L'objectif réaliste est de retrouver de la souplesse, de réagir avec davantage de liberté dans les situations qui posaient problème et de mieux comprendre ce que la réaction protégeait. Lorsque la souffrance est intense ou s'aggrave, un avis médical ou psychologique est recommandé.

Auteur : Karine BIAVA (2022)
Psychothérapie et Art-thérapie à Peymeinade 06 530

Si vous sentez que vous avez besoin d'aide et de conseils pour sortir d'un blocage émotionnel et retrouver une liberté d'action, vous pouvez entreprendre des séances de thérapie pour solutionner durablement votre situation.

N'hésitez pas à prendre rendez-vous (hypnose, PNL, IMO, EMDR - DMS, art-thérapie, thérapies émotionnelles, thérapie des schémas, thérapie de reprogrammation de la mémoire ou thérapie de la cohérence).

La théorie est une chose, en profiter vraiment en est une autre.
Une séance suffit pour répondre à une question.
Une thérapie est efficace durablement que après plusieurs séances.

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