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Disputes, colère, violences, toute la famille souffre !

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Disputes, colère, violences, toute la famille souffre !

Date de publication : 21/10/2022

À la maison, les disputes se répètent, les voix montent et chacun finit par se protéger à sa manière : un parent hausse le ton, un adolescent s'enferme dans sa chambre, un enfant pleure ou devient agressif. Dans une famille où les tensions s'installent, la tentation est grande de chercher qui est « à l'origine du problème » : l'enfant qui « ne respecte plus rien », le parent qui « s'énerve pour un rien », le couple qui ne s'entend plus. Plutôt que de désigner un coupable, il est plus utile de reconnaître la nature de ce qui se passe, car une difficulté individuelle, des relations tendues et des contraintes de vie peuvent se renforcer mutuellement. Cet article aide à distinguer un conflit familial, même pénible, d'une situation de violence dans laquelle la sécurité doit passer avant la recherche d'un accord, et à choisir une aide adaptée.

Disputes, colère, violences : parle-t-on de la même chose ?

Non. Un conflit familial est un désaccord, parfois vif et répété, entre des membres de la famille qui restent libres de parler, de refuser et de repartir sans être punis ; la violence intrafamiliale, elle, consiste à imposer sa volonté par la peur, la contrainte ou l'atteinte à l'autre. Un désaccord peut se discuter ; l'intimidation, la peur et les violences exigent d'abord une réponse de protection.

Cette distinction précède toute solution. Quant aux difficultés propres à un enfant, elles demandent une compréhension de ses besoins et parfois des soins spécialisés. La question « qui a commencé ? » paraît naturelle, mais elle peut empêcher de voir ce qui se passe réellement : pour comprendre, il faut regarder à la fois les personnes, leurs interactions et leur situation concrète. L'article consacré aux conflits familiaux examine plus précisément la recherche d'une issue lorsque le dialogue demeure possible.

Les désaccords familiaux prennent bien des formes : deux parents peuvent avoir des opinions différentes sur l'éducation, un adolescent peut contester une règle, une fratrie peut se disputer l'usage d'une chambre ou d'un objet. Ces tensions deviennent problématiques lorsqu'elles sont incessantes, ne trouvent plus d'issue ou conduisent chacun à vivre dans l'appréhension de la prochaine explosion.

La violence est autre chose. Menacer, frapper, humilier, terroriser, imposer un contrôle, priver une personne de liberté ou la contraindre par la peur ne se résument pas à « mal communiquer ». Une famille peut connaître des conflits sans violence ; inversement, une personne peut exercer des violences même lorsqu'il n'y a pas de dispute visible.

Comment savoir si une « dispute » recouvre un rapport de domination ?

Une dispute recouvre un rapport de domination lorsque les deux personnes ne disposent pas du même pouvoir dans la relation, même si toutes deux élèvent la voix. Si l'une surveille les déplacements, les contacts ou les ressources de l'autre, utilise les enfants pour exercer une pression ou fait craindre des représailles, décrire la situation comme une simple escalade réciproque peut masquer un contrôle plus large.

Le fait qu'une personne menacée se mette elle aussi en colère ne suffit pas à rendre les responsabilités équivalentes. Pour approfondir cette distinction, l'article sur l'emprise psychologique examine les mécanismes de contrôle et leurs effets, sans les confondre avec un désaccord ordinaire.

La distinction ne repose pas sur une étiquette posée à distance, mais sur les comportements, leur répétition, leurs effets et la liberté réelle de chacun. Elle compte pour choisir une aide : une négociation familiale suppose de pouvoir refuser, parler et repartir sans être puni pour ce que l'on a dit.

La première question n'est pas toujours « comment faire pour que tout le monde se parle ? ». Elle peut être : « qui a peur de qui, qui peut dire non sans représailles et qui a besoin d'être protégé ? »


Lorsque des violences sont présentes, demander à tous les membres de faire un effort identique ou d'exprimer librement leurs reproches ensemble peut exposer la personne menacée à de nouvelles pressions. La sécurité, l'évaluation de la situation et les ressources spécialisées passent avant une démarche collective. Une thérapie familiale ou une médiation ne doivent pas être présentées comme une réponse automatique à la violence.

Si un enfant va mal, est-ce nécessairement un problème familial ?

Pas nécessairement. Les difficultés d'un enfant peuvent avoir des causes multiples, propres à lui, à son environnement ou à la famille, et aucune explication unique ne peut être retenue sans examen.

Un enfant peut présenter de l'anxiété, des difficultés scolaires, des crises de colère, un retrait, des troubles du sommeil ou des conduites préoccupantes. Les adultes sont parfois tentés d'en chercher une cause unique : « il est trop sensible », « c'est l'adolescence », « il manque de limites » ou, à l'inverse, « tout vient de notre couple ». Or un trouble du neurodéveloppement, une maladie, des difficultés à l'école, une expérience de harcèlement, un deuil, un changement de vie, des caractéristiques personnelles et les relations familiales peuvent intervenir séparément ou ensemble.

Lorsque l'école devient elle-même une source d'angoisse ou d'évitement, la question du refus scolaire demande une exploration spécifique, sans attribuer d'emblée la difficulté à la famille. Un TDAH ou un trouble du spectre de l'autisme ne sont pas causés par un défaut de communication parentale ; les réponses de l'entourage peuvent cependant faciliter ou compliquer la vie de l'enfant.

Pourquoi s'intéresser aussi aux réactions des parents ?

Parce qu'une difficulté ne concerne jamais uniquement celui qui la manifeste. Chez un enfant anxieux, par exemple, la demande de réassurance peut augmenter ; ses parents, épuisés, peuvent se montrer plus insistants ; l'enfant peut alors se sentir davantage surveillé et devenir plus inquiet. La difficulté initiale et les réactions qu'elle déclenche finissent par se renforcer.

Cela ne signifie pas que les parents sont responsables du trouble. Cela signifie qu'ils peuvent parfois contribuer à modifier les conditions dans lesquelles il s'exprime. Un accompagnement parental, un soutien individuel, une prise en charge adaptée de l'enfant ou une intervention familiale peuvent avoir des fonctions complémentaires.

S'intéresser au fonctionnement de la famille ne doit pas faire disparaître les besoins propres de l'enfant, ni transformer chaque symptôme en preuve d'un dysfonctionnement parental.

Qu'appelle-t-on le « patient désigné » ?

Le patient désigné est, dans certaines approches systémiques, le membre de la famille sur lequel se concentre l'attention parce qu'il exprime le plus visiblement une souffrance, alors que des difficultés relationnelles plus larges méritent aussi d'être examinées. Cette notion est une hypothèse de travail, pas une étiquette.

Elle peut être utile pour élargir le regard. Elle devient trompeuse si elle conduit à nier un trouble réel, à minimiser une dépression ou à considérer que le symptôme de l'enfant sert nécessairement à maintenir l'équilibre familial. Lorsqu'une adolescente consulte pour des crises d'angoisse, par exemple, il est pertinent de rechercher ce qu'elle vit à l'école, ses antécédents, son état de santé, ses relations et les tensions familiales éventuelles. Il ne serait pas justifié de décider à l'avance que ses crises « parlent pour ses parents ».

Quelles situations fragilisent le fonctionnement d'une famille ?

Les périodes de transition et les événements de vie imprévus peuvent fragiliser une famille, car ils modifient les habitudes, les rôles et les attentes.

Plusieurs transitions prévisibles peuvent ainsi déstabiliser des équilibres anciens :

  • L'arrivée d'un bébé peut accroître la fatigue et les désaccords éducatifs ; l'épuisement parental mérite alors d'être distingué d'un conflit relationnel, car la surcharge peut nécessiter des soutiens concrets et des soins.
  • L'adolescence conduit à renégocier l'autonomie et les limites.
  • La famille recomposée doit construire des places que les enfants n'ont pas nécessairement choisies.
  • Le départ des enfants, une retraite, une séparation ou le vieillissement d'un parent peuvent également bouleverser l'organisation et les relations.

D'autres événements sont moins prévisibles : perte d'emploi, maladie, handicap, deuil, difficultés financières ou épuisement d'un aidant. Le problème n'est pas que ces événements provoqueraient automatiquement une crise, mais qu'ils augmentent parfois la charge émotionnelle et pratique au moment même où chacun dispose de moins de ressources pour écouter et s'adapter.

Pourquoi une dispute mêle-t-elle souvent plusieurs problèmes ?

Parce que le désaccord visible sert souvent de point de rencontre entre une question concrète, des émotions actuelles et des blessures plus anciennes. Une dispute sur les horaires de retour d'un adolescent peut mêler une question concrète de sécurité, le besoin d'autonomie du jeune, la peur d'un parent et un désaccord entre les adultes sur les règles éducatives. Une querelle sur l'aide apportée à une mère âgée peut mêler des contraintes de temps, un sentiment d'injustice dans la fratrie et de vieilles blessures de reconnaissance, parfois liées à des secrets ou des non-dits familiaux.

Il est utile de distinguer ce qui doit être décidé maintenant de ce que chacun ressent et de ce qui se répète depuis longtemps. Une décision pratique ne suffit pas toujours à apaiser la relation ; inversement, comprendre une blessure ancienne ne règle pas à elle seule l'organisation du quotidien.

Quels conflits rencontre-t-on dans les couples, entre parents et enfants ou dans les fratries ?

Les conflits familiaux n'ont pas tous le même objet ni les mêmes conséquences : une divergence éducative, une tension dans le couple ou une rupture entre générations exigent des réponses différentes. Il faut aussi repérer les situations où l'intimidation ou la violence empêchent un dialogue libre.

Comment la fatigue et les désaccords éducatifs abîment-ils le couple ?

Ils peuvent transformer progressivement les échanges en reproches, jusqu'à ce que chacun finisse par répondre davantage au reproche qu'au problème concret. Des conjoints peuvent se reprocher la répartition des tâches, le manque de disponibilité, la manière de poser des limites aux enfants ou les dépenses. Lorsque les échanges se résument à « tu ne fais jamais rien » et « tu critiques tout ce que je fais », chacun peut se sentir traité injustement. Les enfants peuvent alors être témoins d'une tension persistante, parfois sans en comprendre la cause.

Lorsque la même dispute se répète dans le couple, il peut être utile d'examiner ce qui relève du désaccord concret, de la sensibilité de chacun et de l'enchaînement des réactions, à condition qu'aucune violence ni intimidation ne rende cet examen commun dangereux. Il est important de ne pas confondre ces désaccords avec une relation dans laquelle l'un des partenaires intimide, contrôle ou terrorise l'autre. Dans le premier cas, une réflexion commune peut être possible ; dans le second, il faut d'abord considérer la sécurité et la liberté de chacun.

Comment protéger un enfant sans l'étouffer ?

En tenant compte de l'âge et des capacités de l'enfant, et en cherchant un équilibre entre sécurité et autonomie. Éduquer suppose de fixer des limites tout en soutenant l'autonomie. Un enfant de trois ans qui s'oppose n'a pas les mêmes capacités de régulation qu'un adolescent de quinze ans ; un jeune majeur peut revendiquer des choix que ses parents jugent imprudents. Ces désaccords sont parfois normaux, mais ils deviennent épuisants lorsque les adultes oscillent entre céder pour éviter une crise et durcir brutalement les règles.

Le travail consiste alors à distinguer les limites réellement nécessaires, les marges de négociation possibles et les réactions émotionnelles de chacun. Un parent peut avoir raison de poser une limite et avoir besoin de changer la manière dont il la pose. Un adolescent peut avoir besoin de davantage d'autonomie et devoir reconnaître certaines contraintes de sécurité ou de vie commune.

D'où viennent les rivalités entre frères et sœurs ?

Elles peuvent naître du partage du temps et de l'attention des parents, de la place de chacun, des comparaisons et du sentiment d'être traité injustement. À l'âge adulte, les désaccords portent parfois sur l'aide à apporter aux parents, les héritages, les conjoints ou les décisions prises sans consultation.

Il ne faut pourtant pas ramener chaque conflit de fratrie à la jalousie. Deux personnes peuvent avoir des intérêts réellement incompatibles ou des visions différentes de leurs obligations. La reconnaissance d'une blessure relationnelle et la résolution d'un désaccord matériel demandent parfois des démarches distinctes.

Pourquoi les décisions concernant un parent âgé divisent-elles les familles ?

Lorsqu'un parent perd certaines capacités ou a besoin d'aide, ses proches peuvent être partagés entre le désir de le protéger et la nécessité de respecter ses choix. Le parent peut vivre certaines décisions comme une dépossession ; les enfants peuvent se sentir seuls à assumer la charge. Avant d'attribuer la tension à un caractère « difficile », il est utile de regarder les contraintes de santé, l'organisation de l'aide et les droits de la personne concernée.

Pourquoi les enfants peuvent-ils souffrir des tensions entre adultes ?

Un enfant dépend des adultes pour sa sécurité et pour une grande partie de ses repères. Des disputes répétées, imprévisibles ou très hostiles peuvent le rendre inquiet, le pousser à surveiller les signes de colère et perturber son sommeil, sa concentration ou ses relations.

Certains enfants se replient, d'autres deviennent agités ou cherchent à apaiser les adultes. Ces réactions sont possibles, mais elles ne sont ni systématiques ni spécifiques à un seul type de difficulté familiale. Lorsque ce sont les échanges entre un parent et son enfant qui dégénèrent en cris ou en gestes violents, l'article sur les cris et les affrontements avec un enfant présente les priorités de sécurité et les aides possibles.

Que se passe-t-il quand un enfant se sent chargé de réparer le couple ?

Il se retrouve alors pris dans une place qui n'est pas la sienne et peut avoir le sentiment qu'il doit choisir un camp ou maintenir la paix. On parle parfois de triangulation pour désigner la situation dans laquelle un enfant est entraîné dans une relation conflictuelle entre deux adultes : il console un parent, prend parti, transmet des messages ou adapte son comportement pour éviter une nouvelle dispute.

Un enfant n'a pas à arbitrer les désaccords de ses parents, à porter leurs confidences intimes ni à être chargé de réconcilier les adultes. Lui dire clairement qu'il n'est pas responsable de la dispute et que les adultes prennent en charge leurs décisions peut être protecteur, à condition que les comportements correspondent ensuite à ces paroles.

Lorsque des adultes se sont disputés sans violence ni menace, la manière de reprendre la relation peut compter autant que les explications données : reconnaître un cri injustifié, ne pas faire porter à l'enfant la faute de la réaction de l'adulte et montrer, par des comportements cohérents, que le désaccord n'empêche pas de prendre soin de lui. Cette réparation n'exige pas de l'enfant qu'il pardonne immédiatement ou qu'il rassure son parent.

Que faire si l'enfant est exposé à des violences ?

Il faut changer de registre : la protection de l'enfant et l'orientation vers des professionnels compétents sont prioritaires. Être exposé à des violences conjugales ou subir des humiliations, des menaces ou des coups n'est pas une simple difficulté de communication familiale. On évite de lui demander de raconter les faits devant la personne qui l'intimide ou de négocier avec elle.

Un enfant peut être affecté par des violences entre adultes même s'il n'a pas reçu de coups et même s'il ne décrit pas spontanément sa peur. Ses réactions peuvent prendre des formes différentes, sans constituer à elles seules une preuve de violence. L'évaluation doit donc examiner à la fois les faits rapportés, la sécurité actuelle, les besoins de santé de l'enfant et les appuis disponibles. Le protéger ne revient pas à lui demander de choisir un parent ou de prouver ce qu'il a vu.

En France, plusieurs numéros permettent d'obtenir de l'aide :

  • Le 119 est accessible gratuitement, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, pour un enfant en danger ou une personne préoccupée par sa situation.
  • Le 17 ou le 112 permettent de joindre les secours en cas de danger immédiat ; le 114 permet notamment une alerte par SMS lorsque parler est impossible.
  • Le 3919 propose aux femmes victimes de violences une écoute et une orientation gratuites et anonymes ; ce n'est pas un service d'intervention d'urgence.
  • Le 116 006 peut orienter les victimes d'infractions, quels que soient leur sexe et leur situation, vers une aide adaptée.

Ces dispositifs ne remplacent pas le suivi médical, psychologique ou social qui peut être nécessaire ensuite. Le choix d'un moyen de contact doit tenir compte de la sécurité de la personne, notamment lorsque ses communications peuvent être surveillées.

Pourquoi chercher un coupable ne suffit-il pas à comprendre la situation ?

Dans un conflit ordinaire, les réactions de chacun se répondent parfois et forment une boucle, si bien que désigner un seul coupable ne permet pas de voir où un changement est possible. Chacun décrit pourtant volontiers le comportement de l'autre comme la cause principale : « si mon fils obéissait, je ne crierais pas », « si ma mère m'écoutait, je ne m'énerverais pas », « si mon conjoint m'aidait, je serais plus calme ».

Dans certaines situations, plus un parent insiste, plus l'adolescent se ferme ; plus il se ferme, plus le parent insiste. Comprendre cette boucle d'interactions permet d'identifier où un changement peut être tenté. Mais expliquer une interaction ne revient pas à répartir automatiquement la responsabilité à parts égales. Chaque adulte reste responsable de ses violences et de ses décisions. Une personne menacée ne doit pas être sommée de changer sa communication pour faire cesser les violences de l'autre.

Dans les conflits, comprendre les interactions peut aider à sortir des répétitions. Dans les violences, comprendre le contexte ne doit jamais diluer la responsabilité de l'auteur ni retarder la protection.

Comment choisir une aide adaptée aux difficultés familiales ?

La réponse dépend d'abord de la nature du problème, de l'âge des personnes, de la présence éventuelle d'un trouble nécessitant des soins et de la sécurité de chacun. Une même famille peut avoir besoin de plusieurs formes d'accompagnement à des moments différents.

Quelle aide lorsqu'un enfant présente des symptômes ?

Une évaluation adaptée à son âge peut être nécessaire auprès d'un médecin, d'un psychologue, d'un pédopsychiatre ou d'un autre professionnel qualifié. Les parents peuvent aussi bénéficier d'un accompagnement pour comprendre ses besoins, ajuster leurs réponses et réduire les tensions. Une thérapie familiale peut être envisagée lorsque les interactions jouent un rôle important et que le cadre est approprié ; elle ne remplace pas les soins spécifiques de l'enfant.

Des cauchemars, un retrait, une irritabilité inhabituelle ou des difficultés scolaires peuvent apparaître dans un contexte de tensions familiales, mais ne suffisent pas à établir que le conflit en est la cause. Il serait risqué de faire porter à l'enfant la fonction de signaler ou de réparer les difficultés des adultes. Une appréciation clinique doit tenir compte de son développement, de son environnement et des éventuels problèmes médicaux ou psychologiques indépendants. Dans la famille, l'enjeu peut être d'observer comment les adultes répondent à ses besoins et d'éviter qu'il devienne arbitre, confident ou messager entre des personnes en désaccord. Si des violences ou un danger sont présents, la protection de l'enfant et les recours adaptés précèdent une éventuelle démarche de médiation ou de thérapie familiale.

Quelle aide lorsque des adultes répètent les mêmes disputes ?

Une démarche individuelle peut aider un parent ou un conjoint à comprendre pourquoi une remarque déclenche immédiatement de la honte, de la colère ou un sentiment d'injustice. La thérapie des schémas, les approches centrées sur les émotions ou d'autres travaux psychothérapeutiques peuvent éclairer ces réactions lorsque cela correspond au problème. Une intervention familiale peut aussi aider à modifier les échanges et les places de chacun, si les personnes peuvent y participer librement et en sécurité. Chez une personne qui évite toute confrontation, il peut être utile de comprendre la peur du conflit elle-même.

Dans un conflit sans violence, il peut être utile de séparer trois dimensions : le désaccord réel à trancher, ce que chacun a vécu comme blessant et la manière dont les réactions se sont enchaînées. Comprendre une sensibilité au rejet ou à l'injustice peut expliquer pourquoi un échange s'enflamme ; cela ne dispense pas de décider qui fait quoi, quelles limites seront respectées et comment vérifier que les changements tiennent dans le quotidien.

Quelle aide lorsque le désaccord porte surtout sur des décisions concrètes ?

Il peut être utile de clarifier les besoins, les contraintes et les possibilités de négociation. Le second article de cette série, « En cas de conflit dans la famille, comment faire ? », approfondit les démarches possibles. Il faut néanmoins éviter de transformer toute souffrance familiale en problème à négocier : certaines situations demandent d'abord des soins, des limites ou une protection.

Que faire lorsque des violences, des menaces ou une emprise sont présentes ?

Il est préférable de demander un avis spécialisé, de préparer des mesures de sécurité adaptées et de ne pas imposer de confrontation collective. Une thérapie de couple, une thérapie familiale ou une médiation ne constituent pas des réponses générales aux violences intrafamiliales. La situation doit être évaluée individuellement, en tenant compte du risque de représailles et de la sécurité des enfants.

Une personne peut demander conseil seule, même si le reste de la famille refuse toute aide. Le premier objectif n'est pas de convaincre l'auteur présumé des violences de participer à un entretien, mais de pouvoir décrire les faits dans un cadre sûr, apprécier les risques et connaître les ressources de protection. Les questions de responsabilité, de soins et de décisions familiales ne se traitent pas nécessairement dans le même dispositif.

Quelles questions peuvent vous aider à comprendre ce qui se passe chez vous ?

Le plus utile est de partir d'un épisode précis plutôt que d'une description globale de votre famille, puis de l'examiner à l'aide de quelques questions simples :

  • Quel fait a déclenché la dispute, et qu'est-ce que chacun demandait ou redoutait ?
  • À quel moment le désaccord est-il devenu une attaque personnelle ?
  • Quelle réaction a fait monter la tension et laquelle l'a momentanément fait baisser ?
  • Qui a pu s'exprimer librement, et qui s'est tu par peur ?
  • Qu'est-ce qui relève d'un problème concret à organiser, d'une réaction émotionnelle répétitive ou d'une situation de violence qui impose une autre réponse ?

Ces questions ne sont ni un test ni un diagnostic. Elles servent à éviter deux erreurs opposées : attribuer toutes les difficultés à un membre de la famille, ou supposer que toute la famille serait également responsable de ce qui se produit.

Questions fréquentes sur les conflits familiaux

Les disputes entre parents traumatisent-elles toujours les enfants ?

Non. Leur effet dépend notamment de leur intensité, de leur fréquence, de leur caractère menaçant, de l'âge de l'enfant et de la manière dont les adultes assurent sa sécurité. Un désaccord suivi d'une réparation n'a pas le même impact que des disputes imprévisibles et hostiles. Les violences et l'exposition à la peur demandent une attention particulière.

Faut-il consulter en famille si un enfant va mal ?

Pas systématiquement. Il faut d'abord comprendre les besoins de l'enfant et rechercher les causes possibles de ses difficultés, qui peuvent être scolaires, médicales, développementales ou relationnelles. Une aide familiale peut être pertinente en complément d'un accompagnement individuel ou médical, selon la situation, mais elle ne remplace pas les soins propres à l'enfant.

Un parent peut-il commencer à changer les choses sans que toute la famille consulte ?

Oui, dans certains conflits, modifier une réaction répétitive, clarifier une limite ou ajuster l'organisation peut améliorer les échanges. Une démarche individuelle permet aussi de comprendre ce qui, chez soi, s'enflamme dans certaines situations. Cela ne suffit pas nécessairement, et ce n'est pas une réponse à une situation où une autre personne exerce des violences.

Pourquoi un enfant semble-t-il plus agité quand les adultes vont mal ?

La tension peut augmenter son inquiétude et réduire sa disponibilité émotionnelle, notamment lorsqu'il se met à surveiller les signes de colère. Il faut cependant aussi rechercher des facteurs qui lui sont propres, qu'ils soient scolaires, médicaux ou développementaux. Son comportement ne prouve pas à lui seul un dysfonctionnement familial.

Que faire si vous avez peur de la réaction d'un membre de votre famille ?

Prenez cette peur au sérieux, surtout s'il existe des menaces, des humiliations ou des violences. Demandez conseil à un professionnel ou à un service spécialisé dans un cadre sûr, en tenant compte du risque que vos communications soient surveillées. Si un enfant est en danger, le 119 peut être contacté ; en cas d'urgence immédiate, appelez le 17 ou le 112.

Et si la personne qui vous fait peur refuse toute aide ?

Son refus ne doit pas empêcher de chercher une protection ou un avis spécialisé. Un échange individuel, organisé dans des conditions sûres, peut aider à évaluer les risques et les possibilités d'action sans exiger une confrontation ni un accord préalable de la personne qui intimide. Une thérapie familiale ou une médiation ne sont pas adaptées tant que la peur empêche l'un des membres de parler librement.

Auteur : Karine BIAVA (2022)
Psychothérapie et Art-thérapie à Peymeinade 06 530

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